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N’applaudissez pas trop Hamada Madi Boléro!

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Pourquoi ce silence sur son succès diplomatique et olympique?

Par ARM

   L’Histoire des Croisades (1095-1291) est connue. Elle est inscrite en lettres de sang, de fer et de deuil. Les Croisades ont été un long fleuve de sang et de mort séparant Musulmans et Chrétiens, et n’avaient rien réglé. Des milliers d’êtres humains étaient morts pour rien. Finalement, deux grands souverains, le Sultan Al-Malik Al-Kamil Nasser-Dine d’Égypte (1177-1238) et l’Empereur romano-germanique Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250) avaient réglé cet épineux problème des Lieux Saints sans guerre, ni effusion de sang, réussissant là où les armes avaient lamentablement échoué. Leur accord du 18 février 1229 est présenté comme l’acte ayant permis d’«unir les cœurs de peuples divisés» et un «trait d’union entre l’Orient et l’Occident»: Sigrid Hunke: Le soleil d’Allah brille sur l’Occident. Notre héritage arabe, Albin Michel, Paris, 1963, pp. 251-303. Frédéric II de Hohenstaufen était considéré comme «le diplomate le plus intelligent et le plus cynique du Moyen-âge»: S. Kosminski: La diplomatie de la période du renforcement de la monarchie féodale, in Vladimir Potiemkine: Histoire de la diplomatie, volume I, Librairie de Médicis, Paris, 1947, p. 130. Seulement, Frédéric II de Hohenstaufen était l’ennemi juré du Pape, un excommunié, et ne devait pas être l’homme qui avait permis à la Chrétienté d’obtenir par la paix ce qu’elle avait cherché à obtenir par la guerre. Il devait donc présenter des excuses! Oui, on demandait à un homme d’une intelligence inouïe de présenter des excuses pour avoir fait du bien: «Frédéric II, petit-fils de Barberousse, fut successivement le pupille, l’ennemi et la victime de l’Église. [¼]. Tandis qu’il se croisait en Palestine, on prêchait contre lui une Croisade en Italie; et, à son retour, on le força à demander pardon des injures qu’il avait reçues. Les ordres militaires et le clergé de Palestine étaient avertis d’avance qu’ils devaient lui désobéir et rejeter toute communication avec un excommunié. Enfin, dans ses propres États et dans son camp, l’empereur fut contraint de permettre qu’on ne donnât les ordres qu’au nom de Dieu et de la République chrétienne, sans faire mention du sien. Frédéric entra dans Jérusalem en triomphe; et de ses propres mains, car aucun prêtre ne voulut en faire l’office, il prit la couronne sur l’autel du Saint Sépulcre. Mais le patriarche jeta un interdit sur l’église profanée par sa présence; et les chevaliers du Temple et de l’Hôpital prévinrent le sultan du moment où Frédéric pouvait être surpris et tué sur les bords du Jourdain, où il se rendait faiblement accompagné»: Edward Gibbon: Histoire du déclin et de la chute de l’Empire Romain. Byzance (de 455 à 1500), Robert Laffont, Paris, 1983 (Londres, 1788 pour l’édition anglaise), pp. 842-843.

   Aujourd’hui, aux Comores, Hamada Madi Boléro est dans une situation identique: il vient de défendre à la Réunion un dossier sportif inexistant, sur l’organisation, en 2019, par les Comores, des Jeux des Îles de l’océan Indien. Mais, comme il s’agit de lui, personne ne parle de son extraordinaire exploit diplomatique et olympique. La chose se comprend: quand on ne cherche qu’une occasion pour écraser la tête d’un homme qu’on déteste et aller danser et faire la nouba au-dessus de sa tombe, on ne lui reconnaît aucun mérite. Pour mieux comprendre l’ambiguïté de la situation, il faut savoir une chose: de ce dossier, personne ne voulait. Qui a trouvé la solution? Vous n’imaginerez jamais: Monsieur Touche-à-tout, «l’individu-Dieu», l’inimitable Nourdine Bourhane, Vice-président chargé du ministère de l’Aménagement du Territoire, des Infrastructures, de l’Urbanisme et de l’Habitat (Au secours! Au feu!). Voici ce qu’il a dit au Président Ikililou Dhoinine: «Comme personne ne veut aller défendre ce dossier indéfendable, il n’y a que Hamada Madi Boléro qui a la tête de l’emploi. Comme les gens le détestent déjà, même et surtout quand il fait du bien, il est l’homme le mieux indiqué pour aller se faire ridiculiser et se faire détester davantage. Il est déjà détesté, donc c’est lui qu’il faut dépêcher à la Réunion, puisqu’il n’est pas à une détestation près, qu’il réussisse ou qu’il échoue. Il va sans dire qu’il va échouer, et il faut que ça soit lui qui soit insulté et détesté après l’échec à la Réunion».

   Et c’est ainsi que le Tom Cruise du gouvernement se retrouva en face de sa énième Mission Impossible, sans cascadeurs. Quand il entra sans la salle où sa tête allait être placée sur le billot, il avait déjà pris certaines précautions diplomatiques qui s’avéreront d’une efficacité redoutable pour la suite du traitement du dossier. Et quand le délégué de la Réunion fut le premier à le soutenir, au grand étonnement de tout le monde, compte tenu de l’affaire du drapeau français sur l’épaule des athlètes mahorais le samedi 1er août 2015, il comprit que les deux ou trois appels téléphoniques qu’il avait passés à qui de droit dans les chancelleries avaient produit leur effet. La diplomatie est ainsi faite: un diplomate sans relations personnelles à l’étranger a la même valeur qu’un hérisson mort sur une montagne…

   Naturellement, personne ne parle du mérite de Hamada Madi Boléro dans ce dossier épineux qu’il a défendu avec professionnalisme, tact et doigté, alors qu’il ne disposait même pas d’une documentation technique sur les capacités des Comores à organiser les Jeux des Îles de l’océan Indien en 2019, et on s’attend à ce que son exploit soit attribué à quelqu’un d’autre. Ça ne sera pas la première fois que pareille infamie sera commise. L’objectivité a quitté des cœurs qui ne charrient que la haine gratuite et irraisonnée. Mais, Hamada Madi Boléro sait qu’en diplomatie, on doit avoir le triomphe modeste et ne pas s’attendre à des couronnes de fleurs. C’est pourquoi, fataliste, blasé et après avoir perdu ses dernières illusions sur la nature humaine, il a l’habitude de dire: «À moi les corvées et à eux les fanfaronnades et la haine». En tout cas, il a rempli sa mission et on va continuer à le détester pour avoir réussi là où ses ennemis seraient chassés à coups de pieds avant de commencer à plaider la cause qu’ils sont censés défendre. «Les démocraties ne sont pas glorieuses», avait dit un grand diplomate français de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Ceux qui savent ce qu’il en est apprécieront.

   Finalement, les ennemis de Hamada Madi Boléro ont peur des victoires de ce dernier, même s’ils savent que ces victoires sont avant tout celles des Comores. Les ennemis de Hamada Madi Boléro se comportent comme les chefs musulmans du Moyen-âge qui demandaient à leurs Généraux de ne pas remporter trop de victoires militaires car celles-ci risquaient de les rendre populaires, parfois plus populaires que le Sultan et le Khalife. L’une des raisons des échecs des Musulmans en Espagne et en Chine réside dans cette jalousie maladive envers les victoires des autres. On sait par exemple, que dans le cas de la conquête de l’Espagne, le conquérant Tarik Ibn Zyad (mort probablement en 720 à Damas) remporta tellement de victoires que son chef direct, Moussa Ibn Noussaïr, ressentit ses succès comme une offense faite à sa personne. Le chef avait même exigé de son adjoint qu’il ralentisse ses exploits et qu’il remporte moins de succès. N’ayant pas obtempéré, Tarik ibn Zyad fut fouetté et chargé de chaînes par son supérieur! Il dut signer une trêve catastrophique et non justifiée, sous les ordres d’un chef jaloux et furieux.

   Moussa Ibn Noussaïr ayant entrepris de diriger lui-même le combat contre les Chrétiens d’Espagne, commit les mêmes «fautes» que son adjoint, et fut sommé par le Khalife de Damas de signer une trêve signifiant la fin des opérations sur les champs de bataille. Après la conclusion de ce traité, il fut convoqué à Damas par le Khalife Walid Ier. Toutefois, pour éviter la vindicte du «Commandeur des Croyants», Moussa Ibn Noussaïr rentra à la capitale des Omeyyades à la tête de quatre cents princes royaux wisigoths portant de ceintures et de couronnes en or, des prisonniers chrétiens européens et d’un impressionnant butin. Walid Ier attendit jusqu’à ce que le souvenir des exploits ait commencé à s’estomper dans l’esprit du peuple, avant de dépouiller le conquérant de toute son autorité et de sa dignité, et de le reléguer dans un sombre village du Hedjaz, où il survécut dans la mendicité et dans l’anonymat, nonobstant sa gloire du passé.

   On va donc demander à Hamada Madi Boléro de ne plus remporter des victoires sur le champ diplomatique afin de ne pas froisser la susceptibilité de ses ennemis, même si cela devra coûter bon aux Comores. En d’autres termes, l’orgueil et la susceptibilité des ennemis de Hamada Madi Boléro passent avant les intérêts des Comores. Et, pour que les fameux ennemis puissent vivre en paix, il sera demandé à Hamada Madi Boléro soit de ne rien réussir, soit d’attribuer ses réussites à autrui. Comme ça, on parlera de ses exploits, que la presse comorienne fait tout pour étouffer.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 10 août 2015.


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One Comment

  • mbabakole

    août 10, 2015 at 1:48

    ALLONS ALLONS SOYONS SERIEUX
    CROYEZ VOUS VRAIMENT QUE NOUS ALLONS ORGANISER DES JEUX EN 2019
    A FORCE DE RESTER TROP LONGTEMPS EN FRANCE, VOUS CROYEZ TOUS AU PERE NOEL
    ————
    Bonjour,
    Aujourd’hui est aujourd’hui, et demain sera demain. Hamada Madi Boléro a fait son travail aujourd’hui. Les autorités de demain doivent faire le leur.
    Cordialement,
    ARM

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