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Génocide! Hamada Madi Boléro est vu avec ses filles

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Une simple promenade familiale à Paris devient un génocide

Par ARM

   Il fait chaud ce mercredi 15 juillet 2015. La journée de Ramadan semble interminable, notamment en raison de cette forte chaleur. De ce fait, quand on reçoit un appel téléphonique venant d’une amie et parlant de Hamada Madi Boléro, Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense, vu en compagnie de ses deux filles Place de Ternes, à Paris, faisant des emplettes, on n’en fait pas un drame. On se contente de hausser les épaules. Tout père fait des achats avec ses enfants, et si ce n’est pas à Paris, c’est ailleurs. Mais, quand, coup sur coup, on reçoit 4 autres appels sur le même sujet, on sent la fatigue s’évanouir. Une certaine colère monte. Il aurait fallu être de glace pour ne pas être complètement débarrassé de la fatigue, tant les appels téléphoniques se succèdent et sont hystériques: «Allô? Hamada Madi Boléro a été vu du côté de Ternes avec ses deux filles, faisant des achats inconsidérés. Il a un gros sac dans lequel il jette tout. Chaque article coûte au bas mot 700 euros. Cela va du téléphone portable à l’iPad, même à l’iPhone 7, qui doit sortir normalement le 25 septembre 2015, en passant par les ordinateurs portables les plus sophistiquéss. Il porte des jeans pour passer incognito, mais il a été reconnu». Un autre appelant dit autre chose: «Quelqu’un qui était à Ternes, à Paris, il y a quelques instants, vient de m’appeler parce que Hamada Madi Boléro y a été vu en train d’acheter des vêtements à ses filles». Des vêtements dans un magasin Darty! Une femme à bord de l’apoplexie lance: «Ton ami Boléro dépense l’argent du peuple comorien à Paris. Il est en compagnie de ses filles. Il faut faire quelque chose. On ne peut pas laisser ces bandits nous ruiner comme ça. Où a-t-il eu cet argent pour faire des achats à ses enfants?». Un ami de Moroni vivant à Créteil enchaîne: «Hamada Madi Boléro prétend être en mission officielle à Paris alors qu’il a été vu à l’instant même à Ternes en compagnie de ses filles en train de faire des courses. Il ne pourra plus dire qu’il vient en mission à Paris, parce qu’il est clairement établi qu’il ne passe à Paris que pour ses affaires de famille».

   Face à l’avalanche d’appels, il a fallu quand même appeler Hamada Madi Boléro et lui demander s’il était effectivement Place de Ternes à Paris, en compagnie de ses filles, et en train de claquer un argent fou. Quand je lui ai demandé où il était exactement, il répondit qu’il était à Couronnes pour acheter des livres sur l’Islam pour ses enfants. «Pourtant, des gens disent t’avoir vu à Ternes en train d’acheter des gadgets électroniques à 700 euros pièce pour tes enfants et que tu étais jeans, transportant un sac gargantuesque». Tout de suite, je l’ai senti statufié, bouleversé, mais en homme habitué aux coups bas, le sourire a rapidement repris le dessus, et l’explication vint: «Oui, je venais de partir de Place des Ternes avec mes deux filles. Il y a un magasin Darty où j’ai l’habitude d’acheter de l’électronique. Et, détrompe-toi: le fait qu’on te dise que c’est à Ternes qu’on m’a vu, c’est pour marquer les esprits parce que c’est au 17ème arrondissement de Paris, et les voyeuristes auraient bien pu dire m’avoir vu dans un magasin Darty. Je ne savais pas que je n’avais plus droit à une vie privée!». «Comment as-tu su? C’est quoi, cette histoire? Je n’ai même pas droit à une petite promenade avec mes filles? Comment es-tu au courant d’une banale promenade à Paris avec mes filles?». «J’ai reçu des appels parlant de ton horrible génocide, et je devais vérifier».

   Tout de suite après, j’ai regretté mon coup de fil parce que Hamada Madi Boléro m’a expliqué une situation à arracher le cœur et à fendre l’âme, et qui se résume par les faits suivants: le 6 juillet 2006, alors qu’il était tranquillement en famille, le Président Ahmed Sambi, qui venait d’être investi, avait dépêché chez lui des gendarmes qui, sans autorisation rituelle d’entrer chez autrui, ni sommation, avaient défoncé sa porte, jeté ses affaires par terre et dehors, emporté une table basse, la fameuse table basse, et embarqué sa femme et lui-même dans un panier à salade pour une garde à vue de 48 heures à la gendarmerie. Sa fille Élodie, alors âgée de 10 ans, face à la brutalité des gendarmes, s’était évanouie. Sa sœur, Tania, plus jeune, pleura toute la nuit comme une madeleine, traumatisée, ébranlée. Pour éviter la mort prématurée de ses deux nièces, leur oncle a décidé de les faire quitter les Comores et les a ramenées en France, loin de leurs parents et des tumultes haineuses et stupides de la vie politique comorienne. C’est ainsi que Hamada Madi Boléro a «perdu» ses enfants, alors qu’il aurait aimé vivre avec progéniture comme tout le monde. Mais, Ahmed Sambi et les siens en ont décidé autrement parce qu’ils ont le droit de briser des vies.

   Au terme de l’année scolaire 2014-2015, l’aînée est admise au Baccalauréat et la cadette au Brevet, pendant que Feyçal, l’héritier, passe en 5ème. Leur père a profité de son séjour à Paris pour leur offrir des cadeaux, comme le font tous les parents du monde, mais avec l’argent de leur tante, comme celle-ci l’exigeait. Dès leur admission aux examens, leur oncle et leur tante avaient préparé l’argent pour les cadeaux. Et pour ne rien gâter, il y avait aussi une invitation pour les festivités du 14-Juillet pour l’aînée. Une question se pose: est-ce qu’un homme dont les filles ont failli mourir face à la violence des gendarmes de leur pays et dont le père est privé de leur présence n’a pas le droit de leur offrir un téléphone portable de 120 euros chacune? Admettons que c’est lui qui paie. Est-ce que Hamada Madi Boléro «enlève les mauvaises herbes dans un cimetière» au point de ne pas disposer de 120 euros pour acheter un téléphone portable à ses filles? Pour faire un cadeau de 120 euros, faut-il forcément voler l’argent de l’État comorien? Quant au port de jeans, l’accusé de l’«horrible génocide» est catégorique: «Je ne porte jamais de jeans. Je n’ai jamais porté de jeans, ni de tennis, ni de basket. C’est mon frère Boinali, musicien de son état, qui porte ce genre de choses».

   Une affaire banale? Non! Il s’agit d’une grave intrusion dans la vie privée des autres, et c’est une pratique dangereuse, interdite par le Droit international public à travers l’article 12 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme: «Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes».

   Revenons à ce 6 juillet 2006, date très mémorable parce que, pendant qu’Ahmed Sambi invitait Place de l’indépendance tous ceux qu’il considérait comme «méritants», et pendant qu’il procédait à la remise des médailles à ceux qui ont contribué à la réussite du processus de réconciliation nationale né de l’Accord-cadre de Fomboni du samedi 17 février 2015, et dont la partie la plus visible est l’inscription de la présidence tournante dans la Constitution du 23 décembre 2001, inscription grâce à laquelle, lui, Ahmed Sambi, était devenu Président, Hamada Madi Boléro, le père de ce processus de réconciliation nationale, et son épouse étaient «invités» à la gendarmerie pour y passer deux nuits. Quel génocide le couple avait-il commis? Il était accusé d’avoir volé sa propre table basse, qu’il avait achetée en compagnie de Rakoto de Magoudjou, avant même que le Colonel Azali Assoumani ne fasse son coup d’État en 1999.

   Ses filles exilées en France, Hamada Madi Boléro était resté aux Comores, où on n’a jamais cessé de le malmener pour les plus mesquins des prétextes. C’est quand notre cousin Mohamed Soilihi Mohamed tomba malade et que la famille à Djoiezi, Mohéli, décida qu’il fallait que Hamada Madi Boléro parte avec lui en France, qu’il voyagea. Mais, lorsqu’il demanda un passeport diplomatique, le crypto-sambiste Ahmed Djaffar le lui refusa tout net, alors que l’enfant de Mohéli est ancien Président de la République par intérim, ancien Premier ministre, ancien ministre d’État à la Défense, ancien Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense, etc. Il lui avait fallu passer par Mayotte! Lorsque le cousin Mohamed Soilihi Mohamed décéda à Paris, Hamada Madi Boléro repartit avec le corps à Mohéli, où il fut arrêté par Ahmed Sambi en pleines funérailles, et fut acheminé à Moroni comme un criminel de Droit commun, sans qu’on ne lui dise ce qu’il avait fait, et sans même que le parquet ne le sache! Situation kafkaïenne. Alors, quand il apprend qu’on continue à l’observer même lorsqu’il est avec ses enfants, le seul sentiment qu’il peut avoir est l’incompréhension. Pour 120 euros dépensés par enfants, l’affaire d’État est assurée. Oui, un nouveau téléphone de 120 euros par fille, fois deux, chez Darty, Place des Ternes. Et si encore leur tante et leur oncle n’avaient réglé la facture, dans la pure tradition grande-comorienne! Bien évidemment, on pourrait croire que cela relevait de la vie privée, mais, pourquoi y penser?

   En tout cas, la mesquinerie tue. Pendant que Hamada Madi Boléro expliquait au téléphone ce qui se passait, sa fille aînée a tout suivi. Elle lui dit: «Papa, les gens ne sont pas contents et t’accusent de vol d’argent public pour cette affaire de téléphones portables? N’est-il pas temps pour toi de quitter la politique à la fin de l’actuel régime politique pour que nous puissions vivre en paix? Cesse de faire de la politique». Heureux sont les enfants de politiciens qui ont des oncles grands-comoriens, parce qu’un oncle mohélien n’a pas autant d’esprit de sacrifice envers son neveu et sa nièce, allant jusqu’à les mettre à l’abri dans un pays «normal».

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 15 juillet 2015.


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2 Comments

  • Ali Himidi

    juillet 16, 2015 at 9:26

    السلام عليكم ورحمة الله تعالي وبركاته.
    un proverbe arabe nous dit
    لايرمي بالحجار الا الشجر المثمر
    En comorien ”mri wana marunda ndo ufuliwawo mawe”
    Les ennemis des Comores ne laisseront jamais Bolero,Msaidie et d’autres hommes de bonne volonté et d’ambition de réaliser les reves des comoriens.
    C’est fini le royaume des aveugles.Le cours d’eau a changé d’itinéraire on est obligé de le suivre.
    اللهم بلغنا رمضان .كل سنة والشعب القمر امنا في كل مكان يا رب العالمين وصلي الله علي سيدنا محمد وعلي اله وصحبه وسلم

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  • momo

    juillet 18, 2015 at 7:37

    attention ! bolero et msaidié ne sont pâs des hommes de bonnes volontés . au contraire , ils sont animés de mauvaises volontés .ce sont des malfaiteurs , voleurs , corrupteurs ,. ils sont parmi ceux qui ont ruiné notre pays au temps d’azali baba et les voilà qui continuent à le ruiné aujourd’hui . donc dire que bolero et msaidié sont des hommes de bonne volonté c’est un peché .et je pense que tu ne connais pas ces hommes mon frere .reveille toi .

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