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«Mohamed Fazul se croit Maradona et veut dribbler»

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«Mohamed Fazul se croit Maradona et veut dribbler»

Interview d’Achiraf Ben Cheikh, ancien ministre d’État aux Élections

www.lemohelien.com: La prochaine élection du Gouverneur de Mohéli a suscité plusieurs candidatures, notamment ici, à Fomboni. Chaque candidat doit avoir ses raisons d’être candidat, mais en ce qui vous concerne, vous, qu’est-ce qui motive votre candidature?

Achiraf Ben Cheikh: De nombreux facteurs m’incitent à déclarer ma candidature au poste de Gouverneur de Mohéli en 2016. De par mon expérience d’homme d’État ayant occupé des fonctions ministérielles à Mohéli et au niveau de l’Union des Comores et ayant travaillé avec l’Union européenne, j’ai acquis de la rigueur, une épaisseur politique, une connaissance des procédures et des méthodes de travail ainsi que des idées devant contribuer à faire avancer Mohéli dans la bonne direction. Mohéli ne doit pas rester dans son état actuel, qui est très triste et pitoyable. Mohéli doit s’engager dans une réelle dynamique de développement. Personnellement, je me suis engagé en politique depuis mes années de lycée, lors de la présidence de Saïd Mohamed Djohar. De nombreux Mohéliens sont témoins de la sincérité de mon engagement en politique. J’étais parmi les Mohéliens qui ont défendu les intérêts de Mohéli, allant jusqu’à certaines témérités pour «punir» avec des colliers de coquilles d’escargots des autorités fédérales qui avaient tenu des propos très malheureux et humiliants contre l’île de Mohéli. Nous étions quatre jeunes hommes, et déjà à cette époque, je savais qu’il fallait nous mobiliser pour notre île parce que personne ne le fera à notre place. Ma lutte pour le développement économique, social et institutionnel de Mohéli ne date pas donc pas d’aujourd’hui, mais est ancienne. Ici et là, j’ai laissé mes empreintes, et elles sont positives et profondes. Mon langage politique est unique quand il s’agit du développement et des intérêts de Mohéli, et je ne parle que pour demander le jugement de l’Histoire. Je souhaite qu’on me signale mes défaillances. J’ai besoin de me faire pardonner si j’ai mal agi quand j’étais ministre à Mohéli ou au niveau de l’Union des Comores. J’ai des idées pour développer Mohéli, et je souhaite les mettre en œuvre. Je crois en mon combat politique. Nous devons réussir le développement de Mohéli et cesser de tourner en rond. J’ai un programme qu’on ne doit pas mépriser. Je sais qu’il y a beaucoup de projets de société dans les placards, et ce sont des projets sans lendemain, mais le mien est consistant et réaliste. Contrairement à d’autres, j’ai le grand avantage de connaître la vie quotidienne des Mohéliens parce que je ne suis pas un parachuté.

www.lemohelien.com: Vous présentez-vous en tant que candidat de l’opposition?

Achiraf Ben Cheikh: Oui. Je suis un candidat indépendant, un candidat de l’opposition. Et d’abord, il faut savoir qu’il y a opposition et opposition, parce que, ici à Mohéli, il y a la vraie opposition et la fausse. J’ai toujours récusé cette fausse opposition. Au moment de nos malheurs administratifs, j’étais avec Mohamed Saïd Fazul, mais celui-ci a un pied dans le régime politique actuel. Je m’interroge donc sur son statut d’opposant. Et, il y a Mohamed Ali Saïd, le Gouverneur de Mohéli, qui a travaillé avec le régime politique actuel et qui se dit aujourd’hui dans «l’opposition». C’est émouvant, hallucinant et ahurissant! Il s’agit de quelle opposition? Pourquoi se moque-t-on des Mohéliens d’une manière aussi scandaleuse? Qui est opposant aujourd’hui à Mohéli et en s’opposant à qui? Soyons sérieux! Mohamed Saïd Fazul est-il dans «l’opposition» alors qu’il vient d’obtenir du Président Ikililou Dhoinine le paiement de tous ses arriérés de salaire, et alors que le chef de l’État m’a refusé la même chose? Mohamed Saïd Fazul se prend pour le Maradona de la classe politique mohélienne et croit pouvoir dribbler tout le monde à Mohéli. Il est parti soutenir Mohamed Ali Saïd lors des élections du Gouverneur en 2010 pour que ce dernier le soutienne lors de l’élection présidentielle de la même année. Ce fut une crapulerie politique monumentale, une escroquerie politicienne mémorable et historique. Les Mohéliens en rient encore, et je leur donne raison.

Donc, à Mohéli, nous avons deux oppositions, et les élections législatives et communales de janvier et février 2015 ont permis de révéler toutes les hypocrisies et les duplicités. L’installation des Maires a été un grand exercice d’hypocrisie et de double langage. On a vu une «opposition souple», celle d’Azali Assoumani, et une opposition hargneuse, celle des partisans d’Ahmed Sambi. Et il y a une opposition spécialement destinée à Mohamed Ali Saïd, et tous les opposants sont viscéralement contre Mohamed Ali Saïd, qu’on ne souhaite plus voir à Bonovo pour des raisons que tout le monde connaît. On ne peut pas faire changer les choses à Mohéli en faisant confiance aux mêmes, à ceux qui n’ont pas fait leurs preuves de sérieux. Personnellement, je suis l’ami d’Azali Assoumani depuis 2006, même si je ne suis pas de la CRC. Je suis en contact permanent avec des politiciens de Mohéli: Ben Massound Rachid, Mohamed Larif Oucacha, Charif Abdallah Mohadji et d’autres, et même si Mohamed Larif Oucacha et Ben Massound Rachid sont candidats à l’élection du Gouverneur de Mohéli en 2016, comme moi.

www.lemohelien.com: Comme vous savez, les Comores vivent au rythme des démarches crapuleuses d’Ahmed Sambi et de ses partisans pour permettre une lecture complètement biaisée de l’article 13 de la Constitution, article qui dispose que «la présidence est tournante entre les îles». Vous devez avoir votre idée sur la question, et quelle est-elle?

Achiraf Ben Cheikh: En toute modestie, j’avoue que je ne suis pas juriste, contrairement à d’autres personnes qui s’autoproclament juristes et qui embrouillent les Comoriens par des analyses «juridiques» fallacieuses et tronquées. Pour autant, je comprends ce qui est écrit sur la Constitution. De nombreux indices renforcent ma conviction sur le fait qu’Ahmed Sambi et ses gens sont là uniquement pour enfumer et tenter de tromper les Comoriens. Prenez l’article de la Constitution qui parle de l’intérim du Président de la République qui peut intervenir en cas d’empêchement définitif après 900 jours d’exercice de pouvoir présidentiel, intérim qui doit être assuré par le Vice-président originaire de la même île que le chef d’État empêché. Ahmed Sambi est l’auteur de cet article, que je trouve bizarre, et il doit en tenir compte pour laisser vivre les Comoriens en paix. Cet article nous apprend une chose fondamentale: Ahmed Sambi ne peut pas briguer la présidence de la République en 2016 parce qu’il est Anjouanais alors que l’affaire doit se jouer entre Grands-Comoriens au cours de cette élection. Cet article est la consécration juridique suprême de l’insularité lors de l’élection présidentielle dans le cadre de la présidence tournante. En même temps, nous devons faire attention quand nous nous exprimons sur nos intérêts politiques personnels. Tout le monde, ici aux Comores, a entendu Ahmed Sambi dire: «Mon régime politique est d’Anjouan et de Mutsamudu». Il veut quoi aujourd’hui? Par contre, je ne suis pas opposé à une amélioration de la présidence tournante. Nous la maintenons dans toute sa dimension insulaire et nous l’améliorons.

www.lemohelien.com: Croyez-vous que les élections du Gouverneur seront démocratiques à Mohéli et ailleurs aux Comores?

Achiraf Ben Cheikh: Nous avons peur. Nous craignons quelques tentatives malheureuses de fraude. Nous craignons un recul de la démocratie.

www.lemohelien.com: Et comment voyez-vous l’élection présidentielle de 2016?

Achiraf Ben Cheikh: Personnellement, j’en parle avec beaucoup de candidats déclarés. Les échanges sont entamés. Pour autant, je ne m’alignerais que sur la candidature de celui qui pourra faire du bien aux Comores.

www.lemohelien.com: Vous devez avoir quand même un béguin pour l’inévitable candidature de votre ami Azali Assoumani?

Achiraf Ben Cheikh: Comme je l’ai déjà dit, je suis un ami personnel d’Azali Assoumani, mais je ne suis pas membre de la CRC, le parti de l’ancien Président de la République. En tout état de cause, je parle avec tout le monde. Le moment venu, une décision sera prise et elle sera celle de la sagesse, de la maturité, de la sérénité et de l’intérêt général.

Propos recueillis par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 24 octobre 2015.


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