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La morale et l’éthique en politique aux Comores et ailleurs

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La morale et l’éthique en politique aux Comores et ailleurs

Par Mme Imani Mmadi

   «La politique n’est pas là pour faire le bonheur des hommes. Elle est là pour combattre le malheur et elle seule, à l’échelle d’un pays ou du monde, peut faire efficacement». Il s’agit d’une citation d’André Comte-Sponville, tirée de son ouvrage Le capitalisme est-il moral? publié chez Albin Michel, Paris, 2004. La politique, signifie selon les Grecs «politikos», le cadre général d’une cité organisée et développée. Elle recouvre donc tout ce qui a trait au gouvernement d’une communauté ou d’un État. Il s’agit de l’art de gouverner, d’organiser le pouvoir et de conduire les affaires publiques. Et ce pouvoir souvent démocratique n’est autre qu’une légitimation du choix citoyen. Quant à la morale politique, elle s’inscrit dans un processus de probité, d’honnêteté, de désintéressement le plus absolu de l’argent public. Voilà, ce que le peuple attend d’un homme politique ou de ceux qui détiennent le pouvoir au nom des citoyens. De fait, si les hommes politiques étaient de nature honnête, non rapaces, nous aurions moins de problèmes pour le fonctionnement de nos institutions, voire le développement durable de nos pays. Mais, comme nos hommes politiques sont tous des rapaces, malhonnêtes, et pensent naturellement à la fornication, au batifolage, à l’argent et l’alcool, conséquence de cela, ils se maintiennent au trône et transforment leur régime politique démocratique en régime sanglant.

   Par conséquent, leur intégrité physique se trouve menacée avec celle de leur famille car ils ont donné des fausses promesses alors qu’ils savaient pertinemment qu’ils n’allaient pas honorer leur parole. Pour se protéger, ils doivent tenir le pays dans des mains de fer. Il s’agit du seul moyen d’éviter d’être rattrapés par ce qu’ils ont promis. Ces hommes et ces femmes politiques ne croient pas à la morale religieuse car en politique la religion pèse moins, surtout quand il s’agit de se faire élire. Mais, ici, ce que le peuple exige, c’est la morale politique. Chaque personnalité publique doit avoir un comportement exemplaire, notamment ne pas mentir, ne pas voler les biens de l’État, faire une bonne gestion de la nation, etc.

   Par ailleurs, les décisions politiques mêmes difficiles, voire choquantes devraient être acceptées par le peuple si celles-ci allaient dans l’intérêt de la collectivité. Par contre, les citoyens se manifestent contre un pouvoir en place si ce dernier use des moyens de la nation à des fins purement personnelles. Le peuple est attentif aux initiatives du gouvernement, car il juge la politique menée par le gouvernement selon le but recherché. Indéniablement, un Président rapace, voleur, menteur, dictateur, aura du mal à faire l’unanimité de son peuple, puisque la population comprend vite les intentions du gouvernement. Donc, un chef d’État doit apprendre à se faire apprécier par ses administrés. Cette appréciation à l’égard du Président se fait quand le peuple se sent estimé.

   Néanmoins, un régime politique qui ne respecte pas le droit, la démocratie, le bien-être du peuple pourrait attirer les foudres des indignés, qui en ont marre d’être pris pour des illettrés. Or, un Président qui respecte la Justice et l’équité, et qui bannit le détournement des biens publics trouvera une cote de popularité qui se dévoue pour lui. Alors il faut faire attention et ne pas froisser les électeurs car, ils oublient vite en perdant leur proche ou un drame douloureux, mais gardent toujours un mauvais souvenir envers celui qui les a entubés. Il serait moralement nécessaire de respecter sa population en utilisant convenablement l’argent du peuple, en pratiquant une bonne gestion économique et politique.

   Si les hommes politiques respectaient les lois, les règles communes, la démocratie et la souveraineté du peuple, les citoyens feraient autant. L’inexistence d’un État de Droit, le manque de moralité politique, la corruption, le népotisme et la liberté massacrée sont les foyers du sous-développement et provoquent finalement la misère la plus atroce. En même temps, on se demande si la morale et la politique peuvent cohabiter harmonieusement.

Par Mme Imani Mmadi

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© www.lemohelien.com – Samedi 25 juillet 2015.


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