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Les crypto-sambistes: comptes d’apothicaire et duplicité

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Double langage, hypocrisie, fausse fraternité et vraie haine entre «amis»

Par ARM

   «La main droite ne fait plus confiance à la main gauche», disent les Mohéliens, et, comme disait Sa Majesté le Roi Hassan II, il faut se méfier même de l’oreiller sur lequel on pose sa tête pour dormir. Il ne s’agit pas de prêcher la paranoïa aiguë et la complotite maladive, mais de rappeler ce qu’on dit à Mohéli depuis la fin des années 1960: «Le monde n’est plus le monde». En effet, les Comoriens ont tous en mémoire le discours vaporeux et fumeux du 20 mai 2011 par lequel Ahmed Sambi, à une semaine de son départ de Beït-Salam, leur racontait des craques sur les fumeux 2 milliards d’euros (soit 983.761.500.000 francs, soit encore «33 ans de notre budget actuel», selon ses propres mots) que la fantomatique Fondation Fatima allait donner aux Comores, argent qu’aucun être humain n’a vu et ne verra un jour dans ce monde, ni dans l’autre. Ce jour-là, le moulin à paroles avait dit que Mohamed Bacar Dossar faisait partie des 3 personnes qui l’avaient le mieux aidé au cours de sa présidence catastrophique. C’est d’ailleurs Mohamed Bacar Dossar qui avait été chargé de signer, pour les Comores, la paperasse sur «l’argent de la Fondation Fatima». Ce qui explique beaucoup de choses.

   Voici ce qu’avait dit Ahmed Sambi ce 20 mai 2011, après avoir expliqué que c’est Mohamed Bacar qui suivait le dossier de la Fondation Fatima: «En parlant de Mohamed Bacar Dossar, permettez-moi de dire quelque chose. Il n’est pas dans mes habitudes de jeter facilement des fleurs aux gens. Mais, aujourd’hui, et puisque dans une semaine je dois céder le gouvernail de notre pays à celui que nous avons tous choisi, j’aimerai vous dire que j’ai été accompagné par de nombreuses personnes, depuis que je suis Président, dont certains, depuis le premier jour. D’autres sont venues par la suite. Allah soit loué, nombreux sont ceux qui m’ont aidé, nombreux sont ceux qui m’ont été utiles même si certains m’ont fait subir des avanies. Il y a un certain nombre qui m’ont poignardé et qui m’ont trahi. Mais, je voudrais vous citer trois personnes. J’écrirai certainement mes mémoires et je parlerai des nombreuses personnes qui m’ont accompagné mais aujourd’hui, et cela est mérité, je cite des personnes qui m’ont accompagné de 2006 à aujourd’hui, en 2011, soit cinq ans de fidélité dont je souhaite témoigner ici. Si j’ai pu résister à quelque chose, ces trois personnes, entre autres, dans mon entourage proche, m’y ont beaucoup aidé. La première personne c’est mon épouse, Madame Hadjira. Je vous le dis car elle a fait preuve de beaucoup de patience. Je ne sais pas comment vous dire. Elle vous a été utile si moi-même je l’ai été. Elle a enduré des situations pour lesquelles vous ne pourriez résister. Elle m’a exhorté à la patience, comme vous ne pourrez pas l’imaginer. Vous n’ignorez pas les crises qu’a vécues le pays. La deuxième personne qui m’a été d’une très grande utilité, je le dis pour que tout le monde le sache, c’est Mohamed Bacar Dossar. Si vous le connaissez je vous le dis. Ceux qui ne le connaissent pas je les informe. Au moment des grandes crises que nous avons vécues ici, c’est lui qui m’a aidé, plus que tout autre personne. La troisième personne, je ne sais pas si elle est là ou si elle s’est cachée car elle fuit les foules, une jeune dame appelé Nakchamy Naïlane».

   Or, si dans ce monde il y a quelqu’un qui abhorre et déteste le plus l’impossible candidature présidentielle d’Ahmed Sambi à l’élection présidentielle de 2016, c’est bien le «fidèle» cousin Mohamed Bacar Dossar. Allons, allons!!! Allons bon! Comment est-ce possible et pour quelle raison il poignarderait son propre cousin sur le dos? Pour une raison très simple: Mohamed Bacar, dans ses rêves fantasmagoriques, se voyait Président de l’Assemblée de l’Union des Comores. Eh oui, eh oui… Mais, il avait compris une chose: comment aurait-il était possible que le Président de la République soit de Mutsamudu, Anjouan, en la personne d’Ahmed Sambi, ainsi que le Président de l’Assemblée de l’Union, en la personne du Mutsamuduen Mohamed Bacar Dossar, et le Président de la Cour constitutionnelle, en la personne de l’autre Mutsamuduen Loutfi Souleymane Adinane? Impossible. Cela, le «fidèle» cousin Mohamed Bacar Dossar l’a parfaitement compris. C’est pour cela qu’il était hystérique le 4 avril 2015, quand le Docteur Abdou Ousseni a été élu démocratiquement Président de l’Assemblée de l’Union des Comores.

   Quand lui et le reste de la troupe se sont retrouvés à Antananarivo sur convocation d’Ahmed Sambi pour faire le cinéma qu’on sait en avril 2015 prétendument pour dénoncer un «coup d’État institutionnel» n’existant que dans l’imagination des crypto-sambistes, il avait eu l’amabilité de pousser Ibrahim Mohamed Soulé, son concurrent pour le perchoir, à demander perfidement à l’ancien satrape ce qui se passera en cas d’invalidation certaine de sa candidature. Et l’ancien dictateur, se croyant investi d’une mission par Dieu, avait mis fin à la petite récréation de la manière la plus brutale: «Il n’y a pas de plan B!». Autrement dit, l’homme-Dieu Ahmed Sambi, conscient du fait que ses «fidèles» séides s’apprêtent tous à lui présenter ses propres condoléances politiques dans la tradition politique la plus lugubre et la plus hypocrite, leur dit: «Je suis conscient de votre manège dégueulasse, mais comme le proverbe comorien suggère que “mourir ensemble est un mariage”, nous allons tous assister au mariage de la mort. Vous allez tous mourir politiquement avec moi, et personne ne fera son chou sur mon dos». On baigne dans un océan d’hypocrisie et de double langage dans l’entourage de l’homme qui passe son temps à dire qu’il a été trahi par la moitié de la Planète. Aujourd’hui, chez les crypto-sambistes, personne ne dit la vérité à l’autre. Les crypto-sambistes ont construit la plus grande usine de fabrication de mensonges et d’hypocrisies.

   Les Comoriens crachent par terre et lèvent les mains au ciel chaque fois qu’ils constatent que tous les discoureurs du samedi 16 mai 2015, qui ont dit que la candidature d’Ahmed Sambi pour 2016 était juridiquement fondée et qu’elle était la leur, sont en campagne électorale pour eux-mêmes. Personne ne pense à l’ancien basketteur Ahmed Sambi quand il s’agit d’envisager l’élection présidentielle de 2016. En bon mohélien, on dit «Pa-Palia», «Chacun pour soi», ou encore, «Ya Rabi Nafsi», «Dieu sauf ma seule âme», sous-entendu «et laisse les autres âmes périr dans la fournaise de la Géhenne». Personne ne pense à l’autre. Aucun satellite du crypto-sambisme ne souhaite la candidature d’Ahmed Sambi. Chacun prie pour le rejet de cette candidature afin de bénéficier de l’aide financière de l’ancien basketteur. Si seulement ces gens-là savaient que pour sa propre survie physique, Ahmed Sambi ne peut pas ne pas être candidat à l’élection présidentielle de 2016. C’est pour cette raison qu’il dit être prêt à provoquer «le chaos» si sa candidature n’est pas validée.

   On sait qu’Achirafi Saïd-Hachim a été parmi les discoureurs du samedi 16 mai 2015, disant doctement avoir été opposant à Ahmed Sambi quand il était au pouvoir, mais désormais devenu son allié maintenant qu’il est dans l’opposition. Il avait poussé la volonté de faire ami-ami avec l’ancien satrape jusqu’à dire être disposé à soutenir sa candidature en 2016 car celle-ci était la sienne. Mais, voilà le Président du Parti CADIM invité à la radio Africa n°1, le mercredi 3 juin 2015, lors du Grand Débat de Francis Laloupo, en compagnie de Saïd-Abdillah Saïd-Ahmed, Président du Parti Comores Alternatives (PCA). Quand Francis Laloupo lui demanda «donc votre candidature à vous, pour bien comprendre, se situe aujourd’hui, essentiellement, dans l’île de la Grande-Comore?», il répondit en rejetant tout son discours de caporalisation et d’allégeance du samedi 16 mai 2015: «Absolument! Parce que c’est là où échoit la tournante, et je suis Grand-Comorien, je me suis donc porté candidat». Il a bien dit «je suis Grand-Comorien, je me suis donc porté candidat». Saïd Larifou, Président du RIDJA et également du samedi 16 mai 2015, prêche dans sa propre mosquée, en inaugurant la plus longue séance de prise de photos de son existence (aux Comores et à Madagascar) et en effectuant son voyage le plus long aux Comores depuis qu’il fait de la politique: un mois et demi. Il est entré en campagne électorale pour lui-même et non pour son ami Ahmed Sambi.

   Dans le cas de Mohamed Bacar Dossar, c’est encore pire, même s’il n’est pas en compétition contre son cousin pour une candidature à l’élection présidentielle. En effet, Mohamed Bacar Dossar, au regard du crypto-sambisme, c’est de la marchandise tombée du camion et qui a été récupérée sur l’autoroute, juste avant le passage d’autres véhicules. En effet, comme l’autre cousin Ahmed Ben Saïd Jaffar, il est un ancien partisan de Mohamed Caambi El Yachouroutu contre Ahmed Sambi, lors de l’élection présidentielle de 2006. Il s’est rallié par la suite et par calcul au bavard intarissable au nom du principe cher à l’ancien Président Ahmed Abdallah Abderemane selon lequel «un bœuf ne mange jamais un autre bœuf». En même temps, se pose la question de savoir pourquoi Ahmed Sambi n’a jamais su faire la différence entre la fourberie des uns et la sincérité des autres, lui qui accuse la plupart de ses anciens collaborateurs de trahison. En tout état de cause, les Comoriens remercient les gais lurons que sont les crypto-sambistes, qui les font rire par leurs contorsions et zigzags.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 23 août 2015.


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One Comment

  • Ahmedd

    août 23, 2015 at 2:59

    Qu’est que c ‘est ce blog que personne ne commente ? personne ne lit pas ici ou quoi? mesquine.
    ————–
    Bonjour,
    Les gens qui veulent commenter commentent.
    Cordialement,
    ARM

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