• Home
  • /
  • actualite
  • /
  • Nourdine Bourhane, ami et visiteur de Saint Thomas

Nourdine Bourhane, ami et visiteur de Saint Thomas

Partagez sur

Il est sûr et pas sûr d’être le colistier de sa Mouvance à Anjouan

Par ARM

     Nourdine Bourhane, l’infatigable, incroyable et volcanique Vice-président chargé du ministère de l’Aménagement du Territoire, des Infrastructures, de l’Urbanisme et de l’Habitat (au secours! Au feu!) dort sur ses deux oreilles et ne dort plus sur ses deux oreilles… Il est devenu le sceptique de la République. Il est devenu le somnambule de la République. Depuis le 26 décembre 2010, date du second tour de l’élection présidentielle qui a vu le sacre électoral du ticket sur lequel figurait son nom sacralisé et sanctifié, il n’a qu’une obsession, qu’il exprime devant ses visiteurs du soir: «Tu crois que mon ami et grand frère Mohamed Ali Soilihi, qui sera notre candidat en 2016, me prendra pour colistier au moment des prochaines élections présidentielles? Moi, je suis un homme d’expérience, et ça serait dommage si le pays ne profitait pas de cette expérience. Moi, je ne demande rien pour moi-même, et vous me connaissez. Mon amour-propre me l’interdit, mais, je crois que pour le bien du pays, la Mouvance présidentielle doit me désigner. Je suis le meilleur pour faire gagner notre Mouvance à Anjouan en 2016, et lui faire gagner le scrutin présidentiel en 2021. Je ne mets pas ma personne en avant, mais je crois que je suis bon et je que serais le meilleur en 2021, mais, il faudra qu’on me désigne en 2016 pour être colistier de notre Doyen en 2016. Je ne me rabaisserai pas à me mettre devant. Vous me connaissez tous». Exagération? Pas du tout. Il est comme ça, Nourdine Bourhane. C’est un homme sûr de lui quand il s’agit de fanfaronner comme un garçon gommeux et boutonneux, mais très soupçonneux quand il réfléchit sur l’opinion que les autres se font de lui. Ayant perdu ses dernières illusions sur la nature humaine depuis fort longtemps, il a tendance à devenir réaliste et lucide par moment. C’est l’homme qui, chaque fois qu’il veut crâner devant le Président Ikililou Dhoinine pour mieux l’enfumer, lui dit: «Je suis un homme d’expérience. C’est l’expérience qui parle. Si on ne veut pas de mon expérience, qu’on me le dise et je ne vais pas insister…». Petit maître chanteur et crâneur, va…

     Quand le Président Ikililou Dhoinine a dit aux dirigeants de l’UPDC, du RADHI et du Parti Orange que son candidat pour le scrutin présidentiel de 2016 était le Vice-président Mohamed Ali Soilihi et qu’il n’allait pas tenter d’influencer son choix sur les colistiers, le bon Nourdine Bourhane s’était évanoui. Il avait fallu le réveiller parce qu’il comptait beaucoup sur l’aide du chef de l’État. «Et si le Président ne me soutient pas, le Doyen risque de choisir quelqu’un d’autre, et ça serait une catastrophe pour la Mouvance présidentielle parce que je suis le meilleur à Anjouan, où je suis très populaire et aimé. Ceux qui disent que je suis maladroit sont des fieffés menteurs. Ce sont des jaloux qui veulent ma perte en la maquillant, mais ils ne pourront rien contre moi».

     Quand il va voir le Président Ikililou Dhoinine pour plaider sa cause, on lui dit que le choix des colistiers appartient de la manière la plus souveraine au Vice-président Mohamed Ali Soilihi. C’était sans compter sur l’entregent et le bagout de marchand de chameaux de l’individu-Dieu. Il va voir son collègue Mohamed Ali Soilihi et plaide pour lui-même. Ce ministre qui l’aime bien mais qui le trouve envahissant et impertinent dit de lui: «Il n’y a pas un mercredi où, dans les couloirs du Conseil des ministres, je n’entends pas le Vice-président Nourdine Bourhane supplier le Vice-président Mohamed Ali Soilihi pour qu’il ne l’oublie pas le moment venu, et chaque fois, j’entends le Vice-président Mohamed Ali Soilihi le rassurer avec une pointe d’agacement dans la voix: “Mais, Nourdine, je t’ai déjà promis des milliers de fois que si je suis candidat, tu seras mon colistier à Anjouan. Tu es un bon, et je ne commettrai pas l’erreur de choisir quelqu’un d’autre. Dors tranquille et continue à t’occuper de ton ministère dans le calme et avec le professionnalisme qu’on te connaît. Mon choix pour ton expérience légendaire et pour ta personnalité attachante est irréversible. Je suis un homme de parole, et ce que je t’ai promis tient toujours”».

     Sauf que Nourdine Bourhane a décidé d’être un partisan de Saint Thomas. Il est un sceptique tant qu’il s’agit de ses intérêts personnels et tant qu’il n’a pas en main ce qu’il veut. Et quand il veut une chose, il l’obtient parce qu’il ne lâche pas prise. Il va chercher par les dents ce qu’il veut. Et il est certain que si le Vice-président Mohamed Ali Soilihi commettait l’horrible génocide de prendre à Anjouan un colistier qui ne serait pas Nourdine Bourhane, alors, il n’y aurait pas un Anjouanais qui voudrait être Président des Comores en 2016, mais deux, parce que, dans un baroud d’honneur, le brave Nourdine Bourhane serait, lui aussi, tenté de présenter une candidature autonome en 2016, comme essaie de le faire son «compatriote insulaire», l’«apatrîle» français Ahmed Sambi. Naturellement, quand le Président Ikililou Dhoinine a dit que son choix se portait sur le Vice-président Mohamed Ali Soilihi, Nourdine Bourhane avait couru un marathon pour aller voir son collègue afin d’être rassuré. Il a été rassuré. Mais, au ministère de l’Économie et des Finances, on ricane parce que chaque fois qu’il voit un collaborateur du Vice-président Mohamed Ali Soilihi, il lui pose l’inévitable question: «Mon cher, tu crois que le Doyen est sincère et qu’il ne va pas changer d’avis en ce qui concerne le choix portant sur moi pour faire gagner la Mouvance présidentielle à Anjouan et au-delà?». Invariablement, le collaborateur, quel qu’il soit, réprime une envie de rire très fort, mais se montre rassurant, magnanime et bon Prince: «Son choix sur toi est sincère et irréversible. Il nous le dit chaque jour et vante tes mérites personnels et professionnels. Donc, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Et puis, qui commettrait l’erreur de se passer de ton expérience?». La fameuse expérience…

     Ça promet. L’homme qui promet les nominations d’Ambassadeur (il voulait faire nommer le Grand Docteur Abdou Oussene aux Nations Unies et aux États-Unis) et de ministre (Darchari Mikidachi n’oubliera jamais le sale coup qu’il lui a fait en lui promettant le ministère de Mme Bahiat Massounde en 2015, l’imprudent prétendant de Paris ayant même fait ses cartons et valises pour rentrer à Moroni, après avoir pris congé de tous ses amis!) va en faire de belles. Mais, la Mouvance présidentielle devra gérer son homme, le champion du monde de l’intérim présidentiel, le poste qu’il aime le plus, puisqu’il lui permet de ne pas «expédier» que «les affaires courantes». Mais, attention. Il faut aller au-delà de 2016 pour poser son regard sur 2021, parce que ce que veut l’individu-Dieu, c’est être Président des Comores quand viendra le tour d’Anjouan en 2021. D’ici là, on verra venir… Au fond, Nourdine Bourhane est un brave homme.

Par ARM

Le copier-coller tue la blogosphère comorienne. Cela étant, il est demandé amicalement aux administrateurs des sites Internet et blogs de ne pas reproduire sur leurs médias l’intégralité des articles du site www.lemohelien.com – Il s’agit d’une propriété intellectuelle.

© www.lemohelien.com – Dimanche 13 septembre 2015.


Partagez sur

Laisser un commentaire

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.