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Dire la vérité et expliquer les réformes économiques: Mal expliquées, elles échouent

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Dire la vérité et expliquer les réformes économiques: Mal expliquées, elles échouent

Ces réformes vitales échouent également parce qu’elles sont juridiquement mal conçues

Par Ahmed Ali Amir (AAA)

       C’est un secret de Polichinelle: les grandes réformes économiques n’échouent pas parce qu’elles sont juridiquement mal conçues. Elles échouent souvent parce qu’elles sont mal expliquées.

       La circulaire de la Direction générale des Douanes relative à l’intégration des frais de fret dans la valeur en douane en est une parfaite illustration. Sur le plan juridique, cette mesure ne crée pas une nouvelle taxe. Elle rappelle simplement une règle internationale que les Comores se sont engagées à appliquer, en adhérant à l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur l’évaluation en douane. Elle répond également aux exigences de transparence et de bonne gouvernance fiscale soutenues par le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre du programme économique en cours.

       Le principe est simple: lorsqu’une marchandise est importée, sa valeur réelle comprend non seulement son prix d’achat, mais aussi le coût de son transport jusqu’au territoire national. Omettre volontairement ce coût revient à minorer artificiellement la valeur taxable et, par conséquent, à priver l’État de ressources qui lui reviennent légalement. Il ne s’agit donc pas d’alourdir la fiscalité, mais de mettre un terme à une pratique qui crée une concurrence déloyale entre les opérateurs respectueux des règles et ceux qui cherchent à les contourner.

       Cette réforme répond ainsi à un double impératif: restaurer l’équité fiscale et renforcer les recettes publiques sans créer de nouveaux impôts.

       Dans un contexte où l’État doit financer les infrastructures, les services publics, l’Éducation, la Santé et les investissements indispensables au développement, la lutte contre la fraude douanière constitue une nécessité économique, mais aussi un impératif moral.

       À l’inverse, une réforme juste n’est pas toujours une réforme sans conséquences.

       L’intégration du coût du fret dans la valeur taxable entraînera inévitablement une hausse des coûts d’importation pour de nombreux opérateurs. Une partie de cette augmentation sera probablement répercutée sur les consommateurs.

       Dans une économie fortement dépendante des importations, le risque d’une hausse des prix est réel, notamment pour les produits de première nécessité. Les petites et moyennes entreprises, dont les marges sont souvent limitées, pourraient également subir plus durement les effets de cette évolution.

       C’est précisément parce que ces conséquences sont prévisibles que la communication gouvernementale devient un élément déterminant de la réussite de cette réforme, comme de toute réforme économique.

       Le Gouvernement doit expliquer, avec pédagogie et transparence, que cette mesure ne constitue pas une augmentation arbitraire des taxes, mais l’application normale des règles douanières internationales. Il doit démontrer que son objectif est de placer tous les opérateurs sur un pied d’égalité, de lutter contre la sous-facturation et de renforcer la crédibilité financière des Comores auprès de leurs partenaires internationaux.

       Par la suite, il faudra suivre avec rigueur l’évolution des prix, évaluer les effets de la réforme sur les produits de première nécessité et maintenir un dialogue permanent avec les organisations professionnelles. Si des tensions apparaissent sur certains marchés, des mesures d’accompagnement ciblées devront être envisagées afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages les plus vulnérables.

       Les réformes économiques exigent méthode et pédagogie. Elles supposent de concilier discipline budgétaire, justice fiscale et protection du pouvoir d’achat.

       C’est dans cet équilibre que réside leur légitimité.

       La lettre circonstanciée adressée par l’Union des Chambres de Commerce au Directeur général des Douanes, M. Djaffar Salim Allaoui, met en lumière plusieurs interrogations légitimes. Elle exprime les préoccupations du secteur privé face aux effets potentiels de la réforme. Cependant, comme souvent, elle privilégie la suspension ou l’abandon de la mesure plutôt que la recherche des conditions de sa mise en œuvre.

       À l’inverse, la note d’information que nous avons soumise sur cette question adopte une approche différente. Elle ne conteste ni le fondement juridique, ni la pertinence économique de la réforme. Elle insiste sur la nécessité de l’accompagner par une stratégie de communication, de concertation et de suivi des impacts. Car une réforme ne réussit pas seulement parce qu’elle est juste; elle réussit surtout lorsqu’elle est expliquée, comprise et portée avec transparence.

Par Ahmed Ali Amir (3 A)

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© www.lemohelien.com – Vendredi 24 juillet 2026.


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