Déclaration de 3 A: Qui a giflé la ville de Moroni et pourquoi en pleine fête nationale?
Le sentiment dominant: La ville de Moroni a été volontairement reléguée au second plan
Par Ahmed Ali Amir (AAA)
En ce 51ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, une interrogation me paraît légitime. La tradition républicaine veut que le Maire de la capitale, ville qui accueille les festivités nationales, prononce le mot de bienvenue. Il ne s’agit pas d’un simple discours protocolaire: c’est une marque de considération envers la capitale et ses habitants, un symbole du respect dû à la ville qui reçoit la Nation.
Cette année, cette intervention a été confiée au Gouverneur de l’île.
Ce choix rompt avec un usage établi et donne le sentiment que Moroni a été volontairement reléguée au second plan.
Si des divergences politiques ou personnelles existent entre les responsables de Moroni, elles ne doivent en aucun cas servir de prétexte à affaiblir ou à humilier la capitale. Les querelles intestines passent, mais les institutions demeurent. Moroni appartient à tous les Comoriens; elle doit être préservée de ces divisions et ne jamais devenir l’otage de rivalités qui portent atteinte à sa dignité et à son rôle dans la République.
En temps normal, je n’aurais sans doute pas accordé une grande importance à cette question de protocole. Mais, le hasard a voulu que la mairie se situe à Badjanani, mon quartier de naissance, celui de mon enfance et de mes premiers souvenirs.
J’ai donc ressenti cette décision comme une humiliation inutile infligée à Moroni.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la capitale fait l’objet d’une telle tentative de marginalisation. J’ai déjà vécu ce type de situation. Lorsque j’étais aux affaires, je m’étais attaché à rétablir les usages républicains et à redonner à Moroni la place qui lui revient, en douceur.
Je constate aujourd’hui que cette volonté de banaliser le rôle de la capitale refait surface.
J’ai respecté le moment du discours du Président de la République, les hymnes et le caractère solennel de cette journée.
Mais je ne peux rester silencieux face à ce qui apparaît comme une mise à l’écart de notre capitale.
Les Moroniens ont le droit de savoir: qui a pris cette décision et pour quelles raisons? Car lorsqu’une institution est publiquement rabaissée, ce n’est pas seulement un protocole qui est ignoré, c’est la dignité de toute une ville qui est atteinte.
La République grandit lorsqu’elle respecte ses institutions, ses usages et chacun de ses territoires.
Moroni mérite ce respect, ni plus ni moins que toute autre ville des Comores.
Et si certains ont cru pouvoir adresser une gifle institutionnelle à Moroni, ils doivent savoir que la capitale saura répondre, avec dignité, unité et détermination, à la hauteur de l’affront qui lui est fait.
La défense de la dignité de Moroni n’est pas une querelle de personnes; c’est une exigence républicaine.
Par Ahmed Ali Amir (3 A)
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© www.lemohelien.com – Lundi 6 juillet 2026.




