Gouvernance stratégique: il faut décider ensemble, intégrer la contradiction
L’unanimisme de façade est un facteur de fragilité décisionnelle. Rassemblons!
Par Ahmed Ali Amir
La performance politique repose aujourd’hui sur une capacité essentielle: intégrer la contradiction comme levier de décision. Toute gouvernance mature se fonde sur l’analyse plurielle, la confrontation méthodique des tendances, et l’inclusion des avis divergents dans les processus de délibération. L’unanimisme de façade est un facteur de fragilité décisionnelle. Proclamer haut et fort que tout se décide au niveau du parti est une affirmation grave qui isole au lieu de rassembler.
L’unilatéralisme appauvrit la décision. Il produit des équipes sans envergure, sans densité, et incapables d’incarner une vision stratégique claire. Ce type de fonctionnement nourrit l’immobilisme, réduit l’innovation administrative, et expose l’État à un déficit d’efficacité et de crédibilité.
Dans un environnement international hautement concurrentiel et interconnecté, nous faisons face à des acteurs étatiques et non étatiques dont le niveau d’expertise, la capacité d’analyse et l’agilité institutionnelle imposent une gouvernance de haute intensité. L’autosuffisance stratégique n’est plus viable. L’approximation dans la composition des équipes, comme dans la méthode de conduite des réformes, devient un risque systémique.
J’ai croisé les équipes du Brésil, de la Chine, de la Turquie. On ne rigole plus. Aucune patience face aux discours creux. J’ai senti l’offensive de l’Égypte et des Émirats Arabes Unis. Ils sont conquérants et non humanistes.
Lors de la notre présidence de l’Union africaine, la fondation Melinda et Bill Gates nous a prêté assistance de 5 experts internationaux à temps plein dont Daouda Sembene du Sénégal, qui a eu l’honneur de siéger à la Commission d’experts du Jubilé, présidée par le professeur Joseph Stiglitz et commandée par le pape François, pour faire face aux crises de la dette et du développement. On plaisante plus.
Donc. Le recentrage méthodologique est impératif. Il implique:
- L’instauration de cadres d’écoute active,
- La réhabilitation de l’évaluation contradictoire,
- La construction de coalitions de compétences au-delà des affinités politiques ou personnelles.
La rationalisation de la décision publique passe par l’acceptation du débat structuré. Ce n’est pas une perte de temps: c’est un gain d’intelligence collective. Refuser l’adversité, c’est programmer l’échec. L’accepter, c’est sécuriser l’action publique dans le temps long.
Nous devons revoir notre rapport au leadership: moins vertical, plus transversal; moins impulsif, plus informé. L’urgence n’est pas seulement de décider vite. L’urgence est de décider bien. Et pour cela, il faut décider ensemble.
Par Ahmed Ali Amir
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© www.lemohelien.com – Mercredi 30 juillet 2025.




