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Sultan Hachim reçoit d’éminents fonctionnaires de l’Ambassade de France à Moroni

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Sultan Hachim reçoit d’éminents fonctionnaires de l’Ambassade de France à Moroni

Ces échanges avec les diplomates nous rappellent «les forces profondes» de Pierre Renouvin

 Par ARM

     Les initiés et ceux qui connaissent la bonne valeur des bonnes choses se régalent encore des belles images venant de Foumbouni, au Sud de la Grande-Comore, et montrant Sultan Hachim Saïd-Hassane Ben Saïd Hachim Ben Sultan Mouigni Mkou recevant André Blanchard, Conseiller politique à l’Ambassade de France à Moroni, et d’autres fonctionnaires de haut rang de la même mission diplomatique. Les Grands Notables de Foumbouni et de la Région de Mbadjini étaient présents. Ici et là, on se pose deux questions fondamentales: quand bien Sultan Hachim Saïd-Hassane Ben Saïd Hachim Ben Sultan Mouigni Mkou est une éminente personnalité d’envergure nationale, une personnalité qui tire une partie de sa belle notoriété de sa prestigieuse lignée familiale, faite de Sultans et d’autres grandes figures de l’élite politique et sociale, comment fait-il pour être en contact permanent avec les diplomates les plus prestigieux, venant des pays les plus glorieux, dont la prestigieuse France? N’est-ce pas le rôle du chef de l’État et du ministre des Affaires étrangères d’organiser des réceptions protocolaires de cette dimension à leur domicile?

       Ceux qui se posent ces questions sont appelés à prendre en compte une réalité diplomatique qui a longtemps prévalu dans les relations internationales: la place de l’individu dans celles-ci.

       Pour mieux comprendre l’irruption de la personne physique dans les relations internationales, il est important de savoir que «toute personnalité est en interaction avec son milieu», et qu’«en dehors de l’intérêt de l’étude individuelle et psychologique de personnalités ayant joué un rôle historique et politique», il est de notoriété publique que «l’on peut s’interroger sur l’importance de types de personnalités, plus ou moins répandus, prédisposant à des réactions particulières, qui sous certaines conditions pèsent lourdement sur le destin collectif»: Madeleine GRAWITZ: Méthodes des sciences sociales, 11ème édition, Les Éditions Dalloz, Collection «Droit public – Science politique», Paris, 2001, p. 501.

       L’historien Pierre Renouvin (1893-1974) a parlé des «forces profondes», et cela, pour désigner tous les facteurs qui interagissent sur les relations internationales, en dépassant les seules décisions qui sont prises par les gouvernants: Pierre RENOUVIN et Jean-Baptiste DUROSELLE: Introduction à l’histoire des relations internationales, Armand Colin Éditeur, Paris, 1964, 4ème édition, 2ème tirage, Paris, 1991 (521 p.).

       Les membres les plus influents de la société font partie de ces «forces profondes». Mais, pour arriver à un niveau d’influence sur la diplomatie, il est impératif de remplir des conditions de crédibilité. Cette dernière est intimement liée à la probité de la personne en présence.

       L’universitaire Maxime Lefebvre pose le problème de la place de l’individu dans les relations internationales dans une dimension plus large, celle de la société civile, à laquelle appartient l’individu: «La société civile, ce sont aussi les organisations non-gouvernementales, les entreprises, les investissements, les touristes, les expatriés (plus de 2 millions de Français installés à l’étranger), les immigrés ou descendants d’immigrés (les “diasporas”), qui gardent un lien avec leur pays d’origine. Même si la tradition française maintient l’État au cœur de l’action, tous ces acteurs privés contribuent à nourrir les relations de la France avec le monde»: Maxime LEFEBVRE: La politique étrangère de la France, 3ème édition, PUF, Collection «Que sais-je?» n°4157, Paris, 2025, p. 103.

       Suite aux mutations actuellement en cours sur la scène internationale, il appert que «le droit international est aujourd’hui marqué par la promotion de l’individu dans l’ordre juridique international, qui, dans un nombre croissant d’hypothèses, devient un sujet actif, capable de défendre directement ses droits, mais aussi, plus exceptionnellement, d’assurer directement sa responsabilité»: Éric CANAL-FORGUES et Patrick RAMBAUD: Droit international public, 3ème édition, Les Éditions Flammarion, Collection «Champs Université», Paris, 2016, pp. 256-257.

       À la même rubrique, Ignacio Ramonet a forgé le concept de l’«individu-État», pour mettre en relief l’influence considérable que peut exercer l’individu dans les relations internationales: «Le monde a connu, au cours de l’histoire, des villes-État (Athènes, Venise), des régions-État (à l’époque féodale) et des nations-État (au cours des XIXème et XXème siècles), mais, avec la mondialisation, on voit maintenant apparaître le réseau-État, voire même l’individu-État […]»: Ignacio RAMONET: «Le nouveau visage du monde», in «Les États-Unis entre hyperpuissance et hyperhégémonie» (Dossier), Le Monde diplomatique, Paris, décembre 2001, p. 11.

       L’individu a sa place dans la gestion des affaires du monde, notamment par la politique étrangère et la diplomatie. Ces dernières sont mieux servies par les membres de la bonne société, au sens occidental du terme. Du reste, ce n’est pas le fruit du hasard si la diplomatie française a été, depuis des siècles, portée par des personnalités ayant un nom à particule. En la matière, un diplomate français avait eu à parler de «la sève toujours vivace de vertus héréditaires»: Auguste Philippe Charles de BEAUPOLI, Comte de Saint-Aulaire: Confession d’un vieux diplomate, Les Éditions Flammarion, Paris, 1953 (794 p.).

       Sultan Hachim Saïd-Hassane Ben Saïd Hachim Ben Sultan Mouigni Mkou fait partie de la bonne société. Il est donc à la place indiquée pour recevoir chez lui, à Foumbouni, des diplomates français de haut rang. Qui plus est, il a compris avant bien d’autres que la frénésie ayant saisi certains pays d’Afrique qui ont tourné le dos à la France par pure démagogie n’a aucunement rendu meilleurs ces États, que ce soit en matière de développement économique et social ou dans celui de l’État de Droit et de la démocratie.

       On se souvient d’Alain Deschamps. Il avait été Ambassadeur de France à Moroni de 1983 à 1987. Il fait état de certaines observations que nous partageons ici: «De mon temps encore où, depuis une indépendance tardive, le chef de l’État comorien et ceux qui détiennent une parcelle de pouvoir avaient leurs dévots, leurs clients et leurs thuriféraires, l’ambassadeur de l’ex-métropole, que l’on imaginait dispensant les aides financières, visas, bourses d’étude, ces décorations dont les insulaires sont si friands et tirant toutes les ficelles locales, était l’objet d’attentions flatteuses, et dont je n’ai vu nulle part l’équivalent. Sans doute poussait-il l’hyperbole jusqu’à la caricature ce notable qui sollicitant en vain le ruban de la Légion d’honneur, prétendait que, si on ouvrait son cœur on y trouverait inscrit mon nom…»: Alain DESCHAMPS: Les Comores d’Ahmed Abdallah. Mercenaires, révolutionnaires et cœlacanthe, Préface de Pierre Vérin, Les Éditions Karthala, Collection «Tropiques», Paris, 2005, p. 50.

       Alain Deschamps cite un exemple bien précis: «Le Grand Mufti fut fait chevalier. Je les décorai. L’un et l’autre étaient des saints hommes de l’Islam, estimés de tous et dont le ruban, auquel les Comoriens attachent tant de prix, rehaussait la dignité. Il établissait aussi avec l’ambassadeur, un lien qui, en cas de vraie crise avec le président aurait pu s’avérer utile. Quand je lui épinglai sa médaille, le Grand Mufti me dit, tout ému: “Mon cœur est françaisˮ»: A. DESCHAMPS: Les Comores d’Ahmed Abdallah. Mercenaires, révolutionnaires et cœlacanthe, op. cit., p. 61.

       Ceux qui connaissent la valeur de la relation entre la France et l’Afrique félicitent Sultan Hachim Saïd-Hassane Ben Saïd Hachim Ben Sultan Mouigni Mkou pour ses heureuses initiatives pour maintenir cette belle flamme, pour rappeler aux uns et aux autres que pour les pays francophones d’Afrique, la France reste le partenaire indispensable et incontournable. Ceux parmi eux qui ont nargué la France finiront par retrouver leur chemin de Damas, et rentrer dans les rangs de la traditionnelle coopération entre la France et l’Afrique. C’est juste une question de temps.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 12 septembre 2026.


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